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	<title>Murmures d&#039;un monde</title>
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	<description>Narration dans un contexte médiéval fantastique</description>
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		<title>Noblesse en danger</title>
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		<pubDate>Fri, 06 Jan 2012 18:56:52 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Iphégore Ossenoir</dc:creator>
				<category><![CDATA[Aventures]]></category>
		<category><![CDATA[Conquête des ombres]]></category>

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		<description><![CDATA[Par Alphonse Ansel, d’après les archives royales et quelques compléments d’enquête. Texte non remanié. — Un prévôt par site, c’est entendu. Je m’en occupe. Le prévôt en chef s’enroula dans sa cape et s’y dissimula comme elle s’effaçait du paysage. Le capitaine — un homme d’une quarantaine d’années — s’appuya pesamment contre le dossier en [...]<img alt="" border="0" src="http://stats.wordpress.com/b.gif?host=drogertis.wordpress.com&amp;blog=10923754&amp;post=146&amp;subd=drogertis&amp;ref=&amp;feed=1" width="1" height="1" />]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<address>Par Alphonse Ansel, d’après les archives royales et quelques compléments d’enquête. Texte non remanié.</address>
<p style="text-align:justify;">— Un prévôt par site, c’est entendu. Je m’en occupe.</p>
<p style="text-align:justify;">Le prévôt en chef s’enroula dans sa cape et s’y dissimula comme elle s’effaçait du paysage. Le capitaine — un homme d’une quarantaine d’années — s’appuya pesamment contre le dossier en cuir de son fauteuil et laissa son regard dériver sur le mobilier qui l’entourait. De son bureau ancien, contrefaçon habile, à l’armure d’écailles de dragons qui lui faisait face, tout avait rejoint ses quartiers au terme de ses investigations. Les moyens miséreux mis à sa disposition n’auraient pas payé le dixième du mobilier qui ornait la pièce.</p>
<p style="text-align:justify;">Les prochains jours verraient échoir sa traque longue de deux saisons. Il avait placé ses hommes, tendu son filet. Et avec l’assistance d’une poignée de prévôts, ils s’éviteraient les pires surprises de la magie. Bientôt, tout serait fini. Un jour ou deux, trois tout au plus, et le vin frelaté aurait disparu de la capitale. D’évidence, ce n’était pas la boisson qui intéressait ce collectionneur, mais, ce faisant, il priverait plusieurs réseaux d’une part substantielle de leurs revenus — un quart, estimait-il.</p>
<p style="text-align:justify;">Tout s’était accéléré dernièrement. Ses hommes avaient arrêté un simple passeur dans l’espoir de remonter une nouvelle piste. Le capitaine avait interrogé le scélérat. C’est alors qu’il s’était rendu compte de l’ampleur de sa prise. Le prisonnier avait sans le moindre doute été formé à résister aux interrogatoires : il n’avait pas réagi comme l’aurait fait un homme peu malin. Alors, il avait corsé l’audition et le suspect était devenu fou. Ou plutôt, il se cachait derrière un rempart de folie tel que le capitaine n’avait rien pu en tirer. Il savait qu’il avait ferré un gros poisson, mais il ne pouvait l’écrouer que pour une livraison de vin frelaté et rien de plus. Le fait qu’aucun haut personnage ne fût venu en aide au prisonnier intriguait le douanier. Alors, il avait accéléré ses plans pour agir pendant que cet inconnu se trouvait écarté.</p>
<p style="text-align:justify;">Le capitaine et son équipe espéraient qu’en mettant à bas ces trafics importuns, les brigands se remettraient à des ouvrages d’envergure. Qu’il puisse enfin saisir des œuvres d’art et sublimer son confort.<span id="more-146"></span></p>
<p style="text-align:justify;">On frappa à la porte et entra sans attendre. L’encadrure révéla un homme bouffi dont le costume peinait à dissimuler le vendre bedonnant. Le Vicomte de Bibus — le plus inutile des quatre que comptait la capitale — s’arrêta à distance et salua :</p>
<p style="text-align:justify;">— Capitaine.</p>
<p style="text-align:justify;">— Vicomte, répondit-il sans déférence aucune.</p>
<p style="text-align:justify;">— Nous avons un problème. Catherine de Six est décédée avant-hier après l’ingestion d’un fruit exotique importé clandestinement.</p>
<p style="text-align:justify;">Comme le douanier ne semblait pas intéressé, le vicomte poursuivit :</p>
<p style="text-align:justify;">— Il a été apporté par un ménestrel répondant au nom d’Aubépine Brumargent. Dans son spectacle, le fruit prend la forme du visage de la personne qui se trouve à son côté, ce qui fait fureur et permet à ce barde de se produire chaque soir dans de meilleurs salons. On m’a confirmé que le décès de Madame de Six est lié à une overdose.</p>
<p style="text-align:justify;">Le capitaine n’aimait pas les conclusions qu’il en tirait. Le vicomte devrait simplement placer le ménestrel aux arrêts. Toutefois, l’arrestation d’un barde convoité par la noblesse lui serait défavorable. Alors, que les douanes agissent : on ne les avait jamais aimées.</p>
<p style="text-align:justify;">— Souhaitez-vous mettre un terme aux représentations ? demanda le douanier.</p>
<p style="text-align:justify;">— J’ai ordonné une enquête discrète. On ne peut pas laisser à croire que notre noblesse consomme de telles substances. J’ai aussi remarqué que certains avaient usé de ce fruit pour faire avancer des négociations au point mort. Ce qui m’inquiète, c’est la dépendance qui se crée. Et aussi qu’une soirée se soit achevée sur l’évacuation de blessés graves au terme de plusieurs duels à l’épée.</p>
<p style="text-align:justify;">— Volez-lui son sac, proposa le douanier. Ça résoudra votre problème.</p>
<p style="text-align:justify;">— Voyons ! s’insurgea le vicomte. Je suis la loi et la justice : je ne vole pas. Je compte sur vous pour faire cesser ce trafic.</p>
<p style="text-align:justify;">— Nous nous y emploierons sur-le-champ, Monsieur. Mais sachez qu’il n’est jamais facile de démanteler un réseau. Je vous suggère de poursuivre votre investigation.</p>
<p style="text-align:justify;">— Faites vite, trancha le noble. Qu’on étouffe ce problème avant qu’il envenime la place publique.</p>
<p style="text-align:justify;">Sans crier gare, le vicomte sortit.</p>
<p style="text-align:justify;">« Malepeste ! » jura l’officier. Il ne devait pas disperser ses hommes s’il voulait réussir son coup de filet. Alors, il appela l’une de ses récentes trouvailles.</p>
<p style="text-align:center;">***</p>
<p style="text-align:justify;">Le petit-homme entra sans plus de bruit qu’une ombre et se hissa sur l’un des deux fauteuils en peau de yack qui faisaient face au capitaine. C’est à ce moment-là que le quadragénaire le remarqua et lui sourit. Perd-ton-bas : c’était ainsi qu’on surnommait ce petit-homme. Le douanier l’avait rencontré dans un lieu de débauche où un de ses collègues lui avait montré le rôle du mesquin : exciter par touches successives les clients et clientes sans qu’ils pussent en discerner l’origine. L’officier s’était alors servi de lui pour subtiliser un message qui se trouvait dans une poche, le lire, puis le remettre à son emplacement initial. Dans la foulée, il avait invité le malandrin à le recontacter quand il se lasserait de ses soirées, ce qui n’avait pas tardé.</p>
<p style="text-align:justify;">Le capitaine lui exposa la situation. Son subalterne proposa de localiser l’origine des fruits et d’en subtiliser un pour s’assurer de sa contenance. Il obtint carte blanche.</p>
<p style="text-align:center;">***</p>
<p style="text-align:justify;">Une journée. C’est tout ce qu’il avait fallu à Perd-ton-bas pour localiser un client, le filer en compagnie d’un intermédiaire et débusquer, dans le marché souterrain, la personne qui vendait les fruits empoisonnés. Habile, le petit-homme avait profité d’un instant d’inattention pour subtiliser un fruit des mains mêmes du vendeur avant de s’enfuir. L’alchimiste avait confirmé la présence de vodare, drogue commune et peu chère. Tandis que le capitaine s’était renseigné sur ces nouveaux joueurs sans leur trouver la moindre attache, le petit-homme avait constaté une demande de fruit croissante à la taverne occupée par l’intermédiaire.</p>
<p style="text-align:justify;">Carte blanche. L’éventail de possibilités n’était pas pour rien dans la jubilation ressentie par le petit-homme quand il observait une demi-elfe désirable faire le tri de ses clients. Il disposait de tant de moyens de mettre un terme à cette intrigue : la subjuguer, la droguer à son tour, la poignarder, la torturer une fois qu’elle aurait rejoint sa chambre… Seule une chose empêchait Perd-ton-bas d’agir, une question qu’il ne pouvait laisser en suspend : le ménestrel faisait-il partie de l’affaire ou était-il simplement benêt comme son attitude le laissait à penser ?</p>
<p style="text-align:justify;">Une autre présence, qui rôdait autour de la demi-elfe, dérangeait le petit-homme : des prêtres. Sans aucun sens de la discrétion, ils veillaient sur la jeune femme. S’il était impossible de deviner le but de leur inquisition, le douanier n’aimait pas leur présence ; tout au plus formaient-ils un paravent doré qui évitait qu’on le repérât lui.</p>
<p style="text-align:justify;">Bientôt, il eut l’occasion de repérer un nouveau complice. Un demi-elfe mâle, bien bâti, avec une double lame accrochée dans le dos et une armure vainement dissimulée sous une cape, ça ne se rate pas ! La complémentarité de ces deux personnages et l’absence manifeste de familiarité entre eux – ce qui ne permettait de les croire ni frères ni amants – laissaient à penser à un groupe bien organisé.</p>
<p style="text-align:justify;">Quel pouvait être leur objectif ? Rendre la noblesse accroc à un fruit exotique ? C’était le meilleur moyen d’être vite percé à jour ! Le petit-homme trouvait le regard du demi-elfe trop acéré pour un simple pion sacrifié d’avance. Que visaient-ils, nom de Dieu ?</p>
<p style="text-align:justify;">L’arrivée imprévue de deux enquêteurs n’était pas pour rassurer Perd-ton-bas. Surtout quand il avisa une silhouette mince au galbe elfique se fondre dans le décor. Les hommes de la garde interrogèrent la demi-elfe et convinrent d’un rendez-vous. Facile. Trop facile. Vous droguez des nobles, un enquêteur se pointe, vous dit que le fruit que vous vendez est moisi, et vous l’invitez à en discuter directement avec le revendeur ? Vous ne filez pas en courant dès la vue de leurs uniformes ?</p>
<p style="text-align:justify;">Des gens trop sûrs d’eux pour ce qu’on savait du plan. Il devait y avoir autre chose, là derrière.</p>
<p style="text-align:justify;">Comme l’ombre ne quitta pas le lieu à la suite des enquêteurs, le petit-homme se retira à son tour.</p>
<p style="text-align:center;">***</p>
<p style="text-align:justify;">Leur tendre un piège et les évincer. L’ordre avait dû venir de haut, compte tenu de la mauvaise humeur dont avait fait preuve le capitaine quand il l’avait transmis à un autre douanier, humain, démobilisé de l’opération principale pour l’occasion. Celui-ci se présenta comme acheteur, tout simplement. Sans préciser d’où il venait, qui il servait. Il commanda quinze fruits, avança deux cents pièces d’or sur les mille huit cents attendues. Il ordonna une livraison à l’occasion d’une nouvelle soirée. Pour seule justification, il indiqua que les ventes récentes avaient compromis le gel d’une négociation savamment entretenu depuis quelque temps et qu’il serait plus rentable pour l’organisation qui l’avait mandaté de se procurer la source de la déstabilisation.</p>
<p style="text-align:justify;">Qui aurait mordu à l’hameçon ? Personne de censé. Aussi, quand le capitaine apprit que la commande serait honorée, il commença à s’inquiéter. Il rappela Perd-ton-bas pour lui demander son avis :</p>
<p style="text-align:justify;">– Capitaine, c’est louche. Ce ne sont pas des malfrats, ces gens. L’œil aux aguets, l’arme à portée de main, la sérénité imprimée sur leur visage, la pièce d’or qui ne tarde pas à sortir de la poche sans grande négociation… Des demi-elfes qui passent beaucoup de temps ensemble, mais qui ne partagent pas leur lit ? Un barde qui ne s’inquiète pas des conséquences de ses passages : mort par overdose, duels à l’épée et qui sait quoi d’autre ? Un vendeur qui n’apparaît sur le marché qu’au moment de sa vente ? Non, mon capitaine, ça pue, cette histoire. Je n’y comprends rien.</p>
<p style="text-align:justify;">– Des aventuriers ? supposa le Capitaine.</p>
<p style="text-align:justify;">Les deux douaniers se regardèrent dans le blanc des yeux. Une compréhension mutuelle les traversa comme ils imaginaient les conséquences désastreuses de l’hypothèse.</p>
<p style="text-align:justify;">– Merci, conclut le quadragénaire en invitant son subordonné à sortir d’un geste de la main.</p>
<p style="text-align:justify;">– Vous savez, Capitaine, un jour, il faudrait civiliser ce pays.</p>
<p style="text-align:justify;">Le petit-homme sortit.</p>
<p style="text-align:center;">***</p>
<p style="text-align:justify;">– Je n’ai pas les moyens de faire front ! tonna le capitaine.</p>
<p style="text-align:justify;">En face de lui, le vicomte ne semblait pas vouloir comprendre.</p>
<p style="text-align:justify;">– Vos enquêteurs ont classé l’affaire ! Ils n’ont pas trouvé de drogue, n’ont pas incriminé le barde ni l’intermédiaire ! Ils n’ont pas plus déniché un meurtrier ! Ce sont vos hommes, Vicomte ! Et vous me demandez, à moi, de passer derrière pour nettoyer les lieux ?</p>
<p style="text-align:justify;">– Je ne cherche que justice, Capitaine, rétorqua froidement l’intéressé.</p>
<p style="text-align:justify;">– Nous avons de bonnes raisons de penser qu’il s’agit d’aventuriers. Comprenez-vous ce que cela implique ? Des êtres sanguinaires ! Ils n’hésiteront pas à abattre mes hommes ! Ils pourraient même mettre le feu à la cité !</p>
<p style="text-align:justify;">– N’exagérez pas ! moqua le vicomte. Vous pouvez bien vous occuper de deux aventuriers, n’est-ce pas ?</p>
<p style="text-align:justify;">– Non ! Je ne peux pas ! Mes hommes sont exténués ! Ils viennent de passer six jours en planque pour enfin mettre un coup d’arrêt au trafic de vin ! Ils ne sont pas en état de défaire ces individus rompus à la traîtrise et au combat dans les catacombes ! Faites appel à la soldatesque, mais ne gâchez pas mes hommes !</p>
<p style="text-align:justify;">– Un trafic de vin ? Vous croyez cela plus important que la santé de la noblesse ? Ce n’est pas à l’armée d’arrêter des trafiquants. Vous allez vous en charger, Capitaine.</p>
<p style="text-align:justify;">Au prix d’une profonde inspiration, ledit capitaine ravala ses insultes.</p>
<p style="text-align:justify;">– Monsieur le Vicomte, reprit-il d’une voix trop calme. Le corps des douanes est un corps d’armée. Nous sommes placés sous le commandement du Gouverneur de Drogertis. Lui seul peut donner cet ordre insensé. Je vous suggère d’employer les talents d’autres unités, comme celle des apaiseurs de conflits.</p>
<p style="text-align:justify;">– Ça vous tombera dessus, Capitaine. La justice est mon affaire, et la justice sera.</p>
<p style="text-align:justify;">L’homme bedonnant quitta la pièce.</p>
<p style="text-align:justify;">Plus tard, le Gouverneur militaire ordonna d’engager l’action.</p>
<p style="text-align:center;">***</p>
<p style="text-align:justify;">Une belle maisonnée séparée du pavé de la rue par un jardin d’agrément. Un gnome aux vêtements bigarrés s’approche, sa guitare négligemment posée sur l’épaule. Il sifflote, se présente au domestique et entre sans soucis.</p>
<p style="text-align:justify;">Aubépine Brumargent est dans la place. Il joue ; les convives l’acclament. Ce petit personnage a un immense talent pour compter les histoires, et un large sac pour empocher mille huit cents pièces d’or. Cet objet, il le jette par la fenêtre d’une pièce non éclairée. Là, le butin disparaît.</p>
<p style="text-align:justify;">Récupéré par une demi-elfe dissimulée sous une sphère d’invisibilité.</p>
<p style="text-align:justify;">Plus tard, le barde ressort et rejoint un demi-elfe pour cheminer d’un pas paisible le long de la rue.</p>
<p style="text-align:justify;">Il n’y a pas âme qui vive à cette heure.</p>
<p style="text-align:justify;">Soudain, l’air s’embrase. Une boule de feu naît, grossit et disparaît aussitôt, laissant les murs noircis. Quelqu’un hurle. Un nouveau personnage. Un petit-homme au vêtement noir qui dégage de la fumée.</p>
<p style="text-align:justify;">Devant lui, le demi-elfe a dégainé et s’apprête à se servir de sa double lame. Même le ménestrel regarde la scène de sa tête qui dépasse à peine de coin de la rue.</p>
<p style="text-align:justify;">Le petit-homme fait usage d’un fumigène pour se soustraire à la vue de ses ennemis. Quant au gnome, il sort une lance de l’intérieur de sa guitare et charge dans la fumée.</p>
<p style="text-align:justify;">Il hurle. Un cri à fracasser les vitres.</p>
<p style="text-align:justify;">Le demi-elfe entre dans le nuage, attrape le corps de son complice et le tire en arrière. Du gnome jaillit du sang à un rythme frénétique. Une, deux, une, deux. Le demi-elfe murmure ; la plaie se referme.</p>
<p style="text-align:justify;">Sa comparse, demi-elfe, est apparue plus loin. C’est elle qui a lancé la boule de feu. Les trois personnages s’éloignent dans la ruelle, armes en main.</p>
<p style="text-align:justify;">Le carrefour suivant est lui aussi étonnant. Le demi-elfe a déversé une boîte de chausse-trapes et s’est caché avec le gnome derrière des barils.</p>
<p style="text-align:justify;">Une première ombre tente de forcer le passage en bondissant au-dessus des pointes métalliques. Une lance la darde au moment même où elle atterrit. La réception se transforme en acrobatie au terme de laquelle la forme a disparu à nouveau.</p>
<p style="text-align:justify;">Une double lame s’abat sur une silhouette floue qui préfère escalader les barils que se risquer sur les chausses-trappes. La cape déjà bien brûlée du petit-homme se teinte d’un liquide grenat. Puis il s’écroule.</p>
<p style="text-align:justify;">Amyntor a frappé.</p>
<p style="text-align:justify;">Il relève sa victime pour s’assurer de sa demi-conscience avant de la placer, d’un geste dédaigneux, dans les mains du gnome. Les traits de celui-ci se déforment comme il menace le petit-homme des pires atrocités. Ce dernier dévoile ses dents ; le barde les lui brise.</p>
<p style="text-align:justify;">Il aurait poursuivi si la demi-elfe ne l’avait pas arrêté. Elle exécute quelques mouvements gracieux au terme desquels le blessé semble voir en elle la déesse de la beauté dont il serait amoureux. Alors, elle l’interroge. Il avoue faire partie des douanes. Elle sourit. Et le met à mort d’un coup de dague.</p>
<p style="text-align:justify;">Quelle fatalité réserve l’intersection suivante ? Un homme robuste engoncé dans un harnois attend les trois personnages. Avec lui, un elfe à la peau noire qui flotte dans les airs et agite sa longue chaîne cloutée. Le barde est touché. La demi-elfe s’efface sous un sortilège d’invisibilité. Quant à Amyntor, il engage le combat contre le guerrier.</p>
<p style="text-align:justify;">Au-devant d’eux se trouve le dernier larron. Un gnome, lui aussi. Une pierre tourne autour de sa tête sans s’arrêter : le signe de ralliement des pratiquants de l’École royale de magie. Assis sur son chien mécanique, il regarde les autres se battre.</p>
<p style="text-align:justify;">Amyntor se fait repousser par le marteau du guerrier, le barde saigner par la chaîne ennemie. La demi-elfe reparaît brutalement dans un geyser de sang, de son propre sang, quand un petit-homme lui transperce le foie.</p>
<p style="text-align:justify;">Amyntor tombe à la renverse sous le coup de bouclier. Aubépine tente de réarmer son arbalète sans abîmer sa guitare. Flocon inonde les alentours de magie pour châtier son attaquant qu’il n’a pas encore vu.</p>
<p style="text-align:justify;">Lassé, le gnome descend de son chien de selle et de ses doigts jaillit un éclair. L’elfe noir tombe dans une odeur de grillade.</p>
<p style="text-align:justify;">Le demi-elfe plante sa double lame sous le bras du guerrier, se relève et, dans un déferlement de colère qui ne comptera pas moins de douze attaques d’affilée, le saigne, le transperce, le pourfend ! Il s’effondre. Amyntor l’achève.</p>
<p style="text-align:justify;">Aucun signe du petit-homme qui a blessé la demi-elfe. On s’occupe à se panser et à détrousser les cadavres.</p>
<p style="text-align:justify;">Enfin, ils reprennent la route, le sourire aux lèvres.</p>
<p style="text-align:center;">***</p>
<p style="text-align:justify;">Le Capitaine observa les cadavres. Un excellent guerrier dépouillé, presque nu, qui avait compté parmi l’élite de la garde. Un expert en filature détroussé plus loin, les dents brisées. Un elfe noir inconnu grillé. Foutue soirée !</p>
<p style="text-align:justify;">– Que donne le signalement aux portes de la cité ? demanda-t-il au seul survivant.</p>
<p style="text-align:justify;">– Rien.</p>
<p style="text-align:justify;">Le petit-homme n’avait pas seulement dit « rien ». Il avait communiqué l’impossibilité d’arriver à quelque chose. Il avait exprimé son immense hargne intérieure qui le rongeait. C’était un « rien » susceptible de tenir en respect le plus téméraire des molosses.</p>
<p style="text-align:justify;">Le Capitaine contempla à nouveau les corps. Il se retourna et, avant de rejoindre son bureau, glissa :</p>
<p style="text-align:justify;">– Partis, les aventuriers.</p>
<p style="text-align:center;">***</p>
<p style="text-align:justify;">Cette histoire n’a-t-elle pas de fin ? Ces meurtres sans piété, ce trafic n’ont-ils pas été commis avec raison ? Les rapports ne le disent pas. C’est le cas de tous ceux classés dans la section « aventuriers ». Ils apparaissent, tourmentent, ravagent et s’en vont. On ne les revoit jamais ou l’on ne sait pas que ce sont eux.</p>
<p style="text-align:justify;">Heureusement, les rapports déposés aux archives royales ne sont pas les plus complets. Il y a des gens qui savent. Des personnes dont le savoir effraie. Tel est le cas d’une grand-mère qui loge au deuxième étage d’un immeuble sans nom dans une bourgade innommée.</p>
<p style="text-align:justify;">Elle conte ses histoires à son chien dans la langue des dragons. Ce dernier répond, de temps en temps. Voici ce qu’elle en dit :</p>
<p style="text-align:justify;">« On a éliminé un livreur de vin, une nuit, à Drogertis. C’est un caméléon qui l’a remplacé, sans doute dans le but de tuer le prochain assassin. Cet homme a été arrêté et interrogé par les douanes. Suspicieux, ils l’ont gardé.</p>
<p style="text-align:justify;">« C’est alors qu’est arrivé ce que l’on appelle “l’unité de l’Oncle Paul”. Un barde, un rôdeur à la double lame, une menteuse. Et aussi, quelques fois, soit un imposant samouraï, soit un magicien narcissique. Il existe une prophétie au sujet de cette unité. Je te la raconterai, un autre jour.</p>
<p style="text-align:justify;">« D’habitude, ils frappent en se faisant passer pour quelqu’un d’autre. Et peu après, le pouvoir change de main. C’est en partie de cette manière que Karrde a reconquis le terreau du Soleil noir. Cette fois-ci, ils n’ont rien fait. Ils ont vendu de la drogue en prenant grand soin de ne toucher qu’une noblesse subalterne. Ils ont éloigné les enquêteurs et attisé l’intérêt de la douane. Pour ce faire, ils n’ont pas hésité à envoyer un de leur membre, déguisé en serviteur, dénoncer son maître drogué aux douanes. Comme toujours, le dossier a été classé dans la section “délations relatives à la noblesse — ne pas consulter”.</p>
<p style="text-align:justify;">« La douane a reçu l’ordre direct d’agir contre eux. Ils les ont accueillis et, comme de coutume, sont repartis les poches pleines. Cependant, le prisonnier de la douane, ce caméléon, a été libéré pour vice de forme. Le rédacteur du dossier a juré à son chef qu’il n’avait jamais écrit les paragraphes dont il était fait grief. Mais l’encre était sur le papier, et le droit est le droit.</p>
<p style="text-align:justify;">« On pourrait se demander ce que ce caméléon avait à voir avec l’Oncle Paul. Hélas, la durée de détention du personnage n’a pas été assez longue pour cerner avec précision son impact sur l’activité dudit oncle. Hélas… »</p>
<p style="text-align:center;">***</p>
<p style="text-align:justify;">Ça, une fin ? Je suis encore plus perdu qu’avant ! Si vous l’êtes, c’est que vous avez oublié qu’on s’adresse ici à des joueurs qui ont vécu une campagne de jeux de rôle. Certains d’entre eux pourraient comprendre.</p>
<br />  <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gocomments/drogertis.wordpress.com/146/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/comments/drogertis.wordpress.com/146/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/godelicious/drogertis.wordpress.com/146/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/delicious/drogertis.wordpress.com/146/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gofacebook/drogertis.wordpress.com/146/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/facebook/drogertis.wordpress.com/146/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gotwitter/drogertis.wordpress.com/146/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/twitter/drogertis.wordpress.com/146/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gostumble/drogertis.wordpress.com/146/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/stumble/drogertis.wordpress.com/146/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/godigg/drogertis.wordpress.com/146/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/digg/drogertis.wordpress.com/146/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/goreddit/drogertis.wordpress.com/146/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/reddit/drogertis.wordpress.com/146/" /></a> <img alt="" border="0" src="http://stats.wordpress.com/b.gif?host=drogertis.wordpress.com&amp;blog=10923754&amp;post=146&amp;subd=drogertis&amp;ref=&amp;feed=1" width="1" height="1" />]]></content:encoded>
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	</item>
		<item>
		<title>Le page du Renouveau : première partie froissée</title>
		<link>http://drogertis.wordpress.com/2011/03/28/le-page-du-renouveau-premiere-partie-froissee/</link>
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		<pubDate>Mon, 28 Mar 2011 20:55:43 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Iphégore Ossenoir</dc:creator>
				<category><![CDATA[Brouillons froissés]]></category>
		<category><![CDATA[assassin]]></category>
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		<category><![CDATA[Renouveau]]></category>
		<category><![CDATA[Sédition]]></category>
		<category><![CDATA[Temple de l'Inconnu]]></category>
		<category><![CDATA[Terres de Vorme]]></category>

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		<description><![CDATA[Par Iphégore Ossenoir. Imaginez un tas de papier, 80 pages environ. Imaginez des ratures dans les marges de nombreuses pages. Ajoutez-y quelques feuilles déchirées sur les côtés, des post-it débordants de nouvelles formulations collées par dessus les anciennes. Prenez tout cela, froissez-le dans des mains moites et jetez-le vers le net ! Ce n’est pas [...]<img alt="" border="0" src="http://stats.wordpress.com/b.gif?host=drogertis.wordpress.com&amp;blog=10923754&amp;post=143&amp;subd=drogertis&amp;ref=&amp;feed=1" width="1" height="1" />]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<address>Par Iphégore Ossenoir.</address>
<p>Imaginez un tas de papier, 80 pages environ. Imaginez des ratures dans les marges de nombreuses pages. Ajoutez-y quelques feuilles déchirées sur les côtés, des post-it débordants de nouvelles formulations collées par dessus les anciennes.</p>
<p>Prenez tout cela, froissez-le dans des mains moites et jetez-le vers le net !</p>
<p>Ce n’est pas que ces pages sont mauvaises, même si elles nécessiteraient encore bien du travail. Mais voilà, la sélection est dure : ces pages retardent de trop l’entrée dans l’histoire. Alors, plutôt que des laisser reposer sur un coin de disque dur, les voilà désormais publiées, avec dispense du dépôt légal, comme il est d’usage dans les œuvres numériques. Toutefois, je doute que les robots de la BnF passent par là <img src='http://s1.wp.com/wp-includes/images/smilies/icon_wink.gif' alt=';)' class='wp-smiley' /> </p>
<p><span id="more-143"></span><a title="Terres de Vorme - Le page du Renouveau - Partie I Froissée" href="http://dcs-france.net/tdv/TdV_PageDuRenouveau_PartieIFroissee.pdf">Le document portable est derrière ce texte</a>.</p>
<br />  <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gocomments/drogertis.wordpress.com/143/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/comments/drogertis.wordpress.com/143/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/godelicious/drogertis.wordpress.com/143/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/delicious/drogertis.wordpress.com/143/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gofacebook/drogertis.wordpress.com/143/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/facebook/drogertis.wordpress.com/143/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gotwitter/drogertis.wordpress.com/143/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/twitter/drogertis.wordpress.com/143/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gostumble/drogertis.wordpress.com/143/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/stumble/drogertis.wordpress.com/143/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/godigg/drogertis.wordpress.com/143/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/digg/drogertis.wordpress.com/143/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/goreddit/drogertis.wordpress.com/143/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/reddit/drogertis.wordpress.com/143/" /></a> <img alt="" border="0" src="http://stats.wordpress.com/b.gif?host=drogertis.wordpress.com&amp;blog=10923754&amp;post=143&amp;subd=drogertis&amp;ref=&amp;feed=1" width="1" height="1" />]]></content:encoded>
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		<item>
		<title>La sédition, actée par le roi des nains</title>
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		<comments>http://drogertis.wordpress.com/2011/03/20/la-sedition-actee-par-le-roi-des-nains/#comments</comments>
		<pubDate>Sun, 20 Mar 2011 12:30:38 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Iphégore Ossenoir</dc:creator>
				<category><![CDATA[Brouillons froissés]]></category>
		<category><![CDATA[Histoire]]></category>
		<category><![CDATA[Diplomatie]]></category>
		<category><![CDATA[Dragon]]></category>
		<category><![CDATA[Drogertis]]></category>
		<category><![CDATA[Forge]]></category>
		<category><![CDATA[Sédition]]></category>

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		<description><![CDATA[Extrait d’un brouillon froissé. Texte non remanié. Les flammes de la forge avaient à peine libéré le métal rougi que le nain frappa à l’aide de sa masse. Avec persévérance, il allongeait et épurait la tête de la hache pour qu’elle adopte sa forme définitive et qu’il ne restât qu’à l’affûter. Il aimait cela. Il [...]<img alt="" border="0" src="http://stats.wordpress.com/b.gif?host=drogertis.wordpress.com&amp;blog=10923754&amp;post=136&amp;subd=drogertis&amp;ref=&amp;feed=1" width="1" height="1" />]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align:justify;"><em>Extrait d’un brouillon froissé</em><em>. Texte non remanié.</em></p>
<p style="text-align:justify;">Les flammes de la forge avaient à peine libéré le métal rougi que le nain frappa à l’aide de sa masse. Avec persévérance, il allongeait et épurait la tête de la hache pour qu’elle adopte sa forme définitive et qu’il ne restât qu’à l’affûter.</p>
<p style="text-align:justify;">Il aimait cela. Il se délectait du bruit métallique comme l’humain se délasse sous les rayons du soleil. À chaque coup, il suait davantage sous son simple maillot de soie. À chaque coup, la robuste semelle de ses bottes semblait s’amincir tant le nain s’unifiait avec la terre. À chaque coup, il oubliait un peu plus les affaires courantes pour pleinement honorer l’arme qu’il forgeait. Il n’était pas d’activité plus simple ni plus saine pour ne plus souffrir des pensées. Même pour le roi des nains. Même si, derrière lui, à deux pas de la porte, se trouvait, imperturbable, Son Excellence Bargrim, entrée à l’instant et prête à annoncer sa nouvelle.<span id="more-136"></span></p>
<p style="text-align:justify;">Le nain frappa encore et encore, puis remit le fer au brasier, visiblement satisfait du fruit de son effort. Il se tourna alors vers le diplomate et le contempla un instant. Il parcourut et détailla sa barbe comme un adolescent se serait attardé sur la poitrine généreuse d’une jeune femme. Et il la trouva déplacée. De ses moustaches partaient deux tresses qui serpentaient le long d’une barbe à quatre brins avant de se rejoindre sur un clou d’argent.</p>
<p style="text-align:justify;">Cet officier avait passé trop de temps à la surface pour oser paraître ainsi devant son roi.</p>
<p style="text-align:justify;">— Nous ne sommes pas à un mariage, nom d’une enclume ! lança le souverain d’une voix grave et forte, laquelle choqua les parois de la pièce exiguë.</p>
<p style="text-align:justify;">Le diplomate était habitué à cette remontrance. Chaque fois qu’il se présentait discrètement dans la forge privée de son monarque, il ne prenait pas la peine de renouer avec les traditions naines. C’était sa manière personnelle de rappeler d’où il venait et ce qu’il avait accompli au fil de ses années au service des intérêts du royaume souterrain. Alors, comme d’habitude, il prétexta le manque de temps :</p>
<p style="text-align:justify;">— Sa Majesté doit apprendre la nouvelle de toute urgence. Je n’ai pas souhaité retarder mon arrivée par le réajustement de mon habit, lequel est tout à fait déplacé en la circonstance. Je vous sais toute la sagesse de me pardonner, Majesté, vous qui appréciez ce lieu pour sa proximité avec nos racines ancestrales. Je ne voudrais pas vous laisser à penser que j’ai oublié nos usages. Aussi sollicitè-je votre clémence quant à cette tenue destinée à favoriser nos intérêts auprès des humains. Ceux-ci doivent être impressionnés, comme vous me l’avez appris jadis.</p>
<p style="text-align:justify;">Cent trente ans passés à la surface, voilà qui vous fait babiller même un nain ! Toutefois, au regard du nombre de contrats décrochés et de sa loyauté sans défaut, le forgeron pouvait se retenir de lui jeter sa masse à la figure. Il avait devant lui le nain de la situation. Il l’avait envoyé en qualité d’ambassadeur officieux pour éviter de subir la fin du règne de Sire Hubert Valérie de Drogertis et nouer de bonnes relations avec le pouvoir à naître. Il avait été tenu informé tous les trois jours de ce qui se passait et pressentait qu’une page de l’histoire serait tournée sous peu.</p>
<p style="text-align:justify;">Alors que le roi s’apprêtait à extraire de nouveau le métal de la forge, l’ambassadeur se décida à lancer son chardon :</p>
<p style="text-align:justify;">— Le Parlement a voté la déchéance du souverain, annonça-t-il d’une voix neutre. Sa Majesté de Drogertis était présente et a abdiqué. Elle a convoqué l’Assemblée royale pour désigner son successeur. Nous hériterons d’une partie du pouvoir.</p>
<p style="text-align:justify;">Le métal n’attendait pas. Le forgeron poursuivit son geste et de sa masse frappa la lame. Encore et encore, jusqu’à ce que l’arme retourne au feu. Alors seulement le nain pris acte :</p>
<p style="text-align:justify;">— Ainsi, Hubert se retire. Et avec lui la stabilité d’un règne sans faille. Le traité passé avec la Dame de Væri me laisse perplexe. Il est assurément dans notre intérêt de le ratifier : qui refuserait de participer à un triumvirat, même si nous dussions traiter avec les elfes ? Je crains toutefois que cela cache quelque chose. Je crains que nous dussions fourbir nos armes.</p>
<p style="text-align:justify;">—Je vous avoue que ces derniers derniers jours furent intenses et que nous n’avons pas tiré au clair l’ensemble des actions entreprises par les intéressés.</p>
<p style="text-align:justify;">—Et le page ? s’enquit le monarque. Qu’est-il devenu ? C’est lui, vous savez, la clé de l’énigme.</p>
<p style="text-align:justify;">— Il est toujours aux côtés de sa maîtresse. Je demeure convaincu qu’elle s’en débarrassera dès qu’elle aura pris les rênes du pouvoir. Il sait trop de choses.</p>
<p style="text-align:justify;">—Vous négligez la loyauté des ducs, je vous l’ai déjà dit. Le Duc de Latias a placé un pion qu’il ne sacrifiera pas. Elle ne pourra pas s’en défaire si facilement, à moins d’être prête à la guerre. Or, d’après vos rapports, elle aurait quelques difficultés avec la chaîne de commandement de l’armée de Hubert. Elle aussi aura sous-estimé la loyauté des officiers.</p>
<p style="text-align:justify;">— Sa Majesté de Drogertis, Ami des dragons, a perdu son trône, commenta doctement l’ambassadeur. Ses vassaux vont se réunir en assemblée royale et vont retourner leur veste. Même la loyauté des ducs ne sera qu’histoire ancienne. Ils suivront leurs propres intérêts et personne ne songera à un retour du roi. Pas après ce qui s’est passé. Pas après l’inaliénabilité du domaine de la couronne. Il compte prendre une retraite bien méritée et au calme. Grand bien lui fasse ! Nous avons récupéré la charge de la royauté. Il nous sera bien plus facile de commercer à présent.</p>
<p style="text-align:justify;">— Remettez le traité à mon chancelier, interrompit d’une voix impérieuse le roi. Qu’il fasse le nécessaire.</p>
<p style="text-align:justify;">Sans objection et après une dernière révérence en guise d’excuses, l’ambassadeur se retira.</p>
<p style="text-align:justify;">Le nain sortit l’arme du feu et contempla avec satisfaction les lignes de la lame. Encore quelques passes et il ne resterait qu’à l’affûter. Et, comme cette lame, de nouvelles relations diplomatiques seraient forgées.</p>
<p style="text-align:justify;">— Aveuglé par la cupidité, il a perdu sa clairvoyance, annonça d’une voix rauque l’ombre qui se détachait du mur tandis que le nain frappait le métal. Ma foi ! il reste un nain malgré tout.</p>
<p style="text-align:justify;">Le monarque ne partageait pas l’amusement de l’ombre.</p>
<p style="text-align:justify;">— Même dans sa cupidité, il ne risquerait pas sa fortune sur un espoir placé dans un jeune humain, rétorqua le nain entre deux coups de masse.</p>
<p style="text-align:justify;">— L’espoir ne fut pas placé dans un homme, mais dans une organisation. Jamais le Temple de l’inconnu n’a failli à exécuter ses contrats. Ce ne fut pas différent cette fois-ci.</p>
<p style="text-align:justify;">— Tu as précipité les choses alors qu’il n’avait que huit ans…</p>
<p style="text-align:justify;">— Je n’ai jamais rien précipité, trancha l’ombre. La précipitation n’est pas un trait de notre espèce. Je l’ai aidé à grandir plus vite pour lui offrir une grande destinée. De tes reproches, ma magnanimité n’a que faire.</p>
<p style="text-align:justify;">— Après tout, tu restes un dragon, sourit le monarque.</p>
<br />  <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gocomments/drogertis.wordpress.com/136/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/comments/drogertis.wordpress.com/136/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/godelicious/drogertis.wordpress.com/136/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/delicious/drogertis.wordpress.com/136/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gofacebook/drogertis.wordpress.com/136/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/facebook/drogertis.wordpress.com/136/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gotwitter/drogertis.wordpress.com/136/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/twitter/drogertis.wordpress.com/136/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gostumble/drogertis.wordpress.com/136/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/stumble/drogertis.wordpress.com/136/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/godigg/drogertis.wordpress.com/136/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/digg/drogertis.wordpress.com/136/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/goreddit/drogertis.wordpress.com/136/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/reddit/drogertis.wordpress.com/136/" /></a> <img alt="" border="0" src="http://stats.wordpress.com/b.gif?host=drogertis.wordpress.com&amp;blog=10923754&amp;post=136&amp;subd=drogertis&amp;ref=&amp;feed=1" width="1" height="1" />]]></content:encoded>
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		<item>
		<title>Le Chemin</title>
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		<pubDate>Thu, 02 Dec 2010 18:53:26 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Iphégore Ossenoir</dc:creator>
				<category><![CDATA[Aventures]]></category>
		<category><![CDATA[Conquête des ombres]]></category>
		<category><![CDATA[Royaumes de Vorme]]></category>

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		<description><![CDATA[Par Alphonse Ansel, d’après les notes et les entretiens avec Gérard Cuvillier. Texte non remanié. Messire, Je me suis donné grand-peine pour mener à bien la mission que vous m’aviez confiée. Aujourd’hui, j’en ressors, enfin, meurtri, amenuisé. Ce jour, votre honneur est sauf. Toutefois, je me dois de faire le rapport, comme vous me l’aviez [...]<img alt="" border="0" src="http://stats.wordpress.com/b.gif?host=drogertis.wordpress.com&amp;blog=10923754&amp;post=122&amp;subd=drogertis&amp;ref=&amp;feed=1" width="1" height="1" />]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<address>Par Alphonse Ansel, d’après les notes et les entretiens avec Gérard Cuvillier. Texte non remanié.<br />
</address>
<p>Messire,</p>
<p style="text-align:justify;">Je me suis donné grand-peine pour mener à bien la mission que vous m’aviez confiée. Aujourd’hui, j’en ressors, enfin, meurtri, amenuisé. Ce jour, votre honneur est sauf. Toutefois, je me dois de faire le rapport, comme vous me l’aviez demandé, de ma tâche. N’étant plus moi-même en état d’écrire notre langue, j’ai fait compiler mes notes de voyage par un scribe de qualité que vous aurez, j’en suis sûr, le plaisir de me défrayer.</p>
<h3>Le lac</h3>
<p style="text-align:justify;">Au terme de cinq saisons, l’agrégation minutieuse de nombreuses sources parmi la culture populaire et les récits légendaires m’a permis de retrouver la trace du Chemin. Celui-ci prend racine au cœur de l’immense forêt du Bois dormant. Je m’y suis, comme bien d’autres avant moi, perdu. J’ai erré dans cette sylve magique plusieurs semaines, si bien que les animaux commençaient à s’habituer à ma présence. Je n’y ai croisé aucun visage accueillant, me suis embourbé dans les marais, ait été assailli par des lianes animées plus voraces qu’un boa constricteur. J’ai évité des fourmilières dont la taille seule correspond à une maison de campagne. Mais, soudain, au cœur de cette nature terrible, j’ai trouvé le lac.</p>
<p style="text-align:justify;">Il se dissimule sous une brume magique violacée qui jamais ne le quitte, qu’il pleuve ou qu’il vente. Je l’ai étudié, j’ai observé les animaux la contourner pour quérir un passage durant la nuit et aller s’abreuver. Alors, j’ai pu contempler l’étendue d’eau douce. Sa noirceur a d’égal que les abysses et de nombreux courants la peuplent comme s’il était important de brasser en tous sens, à des vitesses différentes, ce qui se trouve en son sein. Hélas, mon analyse m’a rendu prisonnier de la brume.</p>
<p style="text-align:justify;">Je n’ai pas suffoqué. Elle est aussi humide et froide qu’un brouillard givrant. Et elle ne semble pas avoir d’effet immédiat. Par prudence, je me suis réfugié dans l’eau, équipé pour une exploration sous-marine et armé de mon pieu en bois. Pris dans la tourmente, j’ai suivi les courants, subi leurs points d’échange et ai atterri, enfin, au fond. Là, tout est calme en apparence. Je ne me suis pas aventuré au cœur du cratère qui laisse deviner de nombreuses cheminées, car à peine m’approchai-je du bord que le courant me happa à nouveau.</p>
<p style="text-align:justify;">J’ai erré si longtemps sous l’eau que j’ai dû manquer quelques repas. Je croyais que mes mains allaient se transformer en nageoires. Le froid tiraillait mon visage et déformait mes traits. Enfin, je m’accrochai à des plantes qui ondulaient paisiblement sous un courant différent ; elles m’empoignèrent. Je progressai péniblement dans la broussaille et, la magie aidant, parvins avec mon bâton dans un boyau. Là, la noirceur est toujours de mise, mais l’eau est d’une pureté que je n’avais jamais rencontrée. Reconnaissant le trait du Chemin, j’ai poursuivi jusqu’à pouvoir en émerger.</p>
<h3>Les niches kobold</h3>
<p style="text-align:justify;">Je fus guidé par une lumière qui me conduisit dans une grotte naturelle aménagée par le temps. Dès alors, je perçus des couinements canins. J’avançais discrètement quand je croisai un kobold. Je retins mon souffle et passais, l’humidité ambiante masquant mes pas. Il me fallut éviter les niches de chiens, ceux-ci s’excitant à cause de mon odeur. Et, contournant la célébration, je trouvai, cachée derrière une grande tapisserie primaire inaccessible à mon humble esprit, une étroite sortie.</p>
<h3>Le village des Endormis</h3>
<p style="text-align:justify;">Les entrailles de la Terre sont une chose terrible, et c’est bien pour cela qu’on les laisse aux nains. Je m’y suis perdu et j’ai esquissé une carte relativement détaillée des environs jusqu’à ce que je retrouve la civilisation que je cherchais : le village des Endormis. À ce moment, j’avais encore tout mon esprit.</p>
<p style="text-align:justify;">Pour entrer, j’ai dû deviser avec six dragons et franchir deux sas. J’ai appris quelques menues choses sur l’histoire de notre monde là-bas. Mais les habitants ne sont guères loquaces, condamnés à l’oubli et se défiant dans des combats de torpeur. C’est un hall de champions et de héros déchus. Ne jouez pas aux dés, ils sont pipés ; n’envisagez pas la magie, elle n’opère pas ; ne cherchez pas les armes, les leurs, une fois dégainées, feraient frissonner les dieux. Passez votre chemin, trouvez la clé de la porte et optez pour la sortie. Après cela, les couloirs vous paraîtront amicaux.</p>
<h3>Les puits</h3>
<p style="text-align:justify;">Depuis là, il y a nombre d’itinéraires possibles, et plusieurs mèneront au même endroit. D’autres partiront, j’en étais certain, ailleurs. J’avais une carte, mais elle n’a pas survécu au voyage : une partie calcinée, l’autre détrempée quand une flèche perça mon étui.</p>
<p style="text-align:justify;">Bref, vous ne pouvez pas vous tromper. Trois jours d’errance conduisent à un puits. Vous ne pouvez que descendre. Il y fait sec et chaud. Là, plusieurs salles abandonnées vous attendent, mais vous allez plus bas. J’y ai croisé quelques monstres facilement intimidés lorsque j’ai empalé leur congénère. À peine étais-je passé qu’ils s’en repaissaient. J’ai rencontré, dans ce dédale, un tyranœil mourant que j’ai occis après avoir subi l’effet de son œil. [Annotation du scribe : les notes de voyage se font courtes et son si obscures quant à la sortie de cet endroit qu’il est impossible de les retranscrire dans un ensemble cohérent. Quant à la mémoire du rescapé, elle est aussi confuse.]</p>
<h3>Les alentours du fleuve de feu</h3>
<p style="text-align:justify;">Il suffit de suivre la chaleur : là où il fait plus chaud, vous allez. Ce n’est sans doute pas très loin d’une chambre magmatique, car seule la magie m’a protégé de cet enfer. Au-dessus de la lave se trouvent deux ponts noirs et brillants. L’un s’écroule, l’autre demeure. J’ai dû négocier sans relâche trois repas durant pour obtenir le droit de passage. « La pierre, me disait-il, a tout son temps. Seul le volcan la presse. »</p>
<p style="text-align:justify;">Grâce lui soit rendue. Sans le repos pris à son côté, je n’aurais pas perdu un œil mais la vie. Car après se trouve une colonie d’insectes plus terribles les uns que les autres. Intelligents, certains ont des armes sadiques. Je crains que la larve qui grandit en moi me fût implantée à ce moment. Cela passé, j’ai gravi la montagne. Les fleurs étaient belles. La neige, au sommet, brillait sous le soleil couchant. [Annotation du scribe : le rescapé soutient cette vision souterraine] Puis il y avait un pont de glace et je courrais, pieds nus, dessus. Au bout du chemin, je me confrontai une porte titanesque. Accompagné par un bourdonnement enchanteur, j’avançais vers la gloire. J’aperçus la plus belle créature qui est donnée de voir, si bien qu’à mon réveil j’en avais perdu la vue ; mais aussi la douleur de l’autre œil. Je présentai votre présent en gage et [Annotation du scribe : les notes sont alors incohérentes et rédigées dans un mélange linguistique] devisais longuement. Je quittai ce lieu le cœur léger, l’âme apaisée et, depuis lors, chacun de mes pas est guidé par une conscience pure qui transcende la vue. Ne ressentant plus la douleur, j’ai perdu deux doigts de pied sur le trajet du retour et présentement je ne sens plus mes jambes.</p>
<p style="text-align:justify;">Messire, je sais que votre honneur est sauf, que j’ai accompli ma mission. Mon cœur est léger et, demain, les dieux viendront me chercher [Annotation du scribe : cela fait trois années qu’il attend ainsi]. Que la gloire vous soit grande et pensez à Scoubi, mon fidèle ami. Veillez, je vous prie, sur lui, après mon départ.</p>
<p>Les dieux vous embrassent,<br />
Votre dévoué.</p>
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		<title>Un pion de plus</title>
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		<pubDate>Sun, 18 Jul 2010 12:17:42 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Iphégore Ossenoir</dc:creator>
				<category><![CDATA[Aventures]]></category>
		<category><![CDATA[Reconquête d’Ismouth]]></category>
		<category><![CDATA[Adélaïde Castera]]></category>
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		<category><![CDATA[barde]]></category>
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		<description><![CDATA[Par Adélaïde Castera, Historienne. Texte non remanié. On m’avait dit qu’un visiteur d’importance désirait me rencontrer, mais que la ponctualité n’était pas son fort. Aussi, je m’étais confortablement installée dans une salle attenante à la grande bibliothèque. Je me balançais sur deux des quatre pieds de ma chaise, mes jambes reposant sur le plateau de [...]<img alt="" border="0" src="http://stats.wordpress.com/b.gif?host=drogertis.wordpress.com&amp;blog=10923754&amp;post=104&amp;subd=drogertis&amp;ref=&amp;feed=1" width="1" height="1" />]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<address>Par Adélaïde Castera, Historienne. Texte non remanié.<br />
</address>
<p style="text-align:justify;">On m’avait dit qu’un visiteur d’importance désirait me rencontrer, mais que la ponctualité n’était pas son fort. Aussi, je m’étais confortablement installée dans une salle attenante à la grande bibliothèque. Je me balançais sur deux des quatre pieds de ma chaise, mes jambes reposant sur le plateau de la table et faisant onduler à leur rythme l’imposant grimoire que je parcourais. Comme de nombreux ouvrages que je dévorais avidement, il n’apportait qu’une partie infime des détails historiques du moment, mais en l’agrégeant à de nombreux autres, je pouvais estimer le degré d’exactitude des livres historiques que nous conservions sur nos étagères.<span id="more-104"></span></p>
<p style="text-align:justify;">Un jour viendrait où j’écrirai le mien. Mon ouvrage relatant l’Histoire, avec force anecdotes. Un livre qui apporterait un éclairage nouveau sur des évènements trop rarement traités. Ce jour, j’obtiendrai le titre de Commandeur de l’Ordre des Palmes académiques. J’aurais ma propre bibliothèque avec de nombreux scribes et de charmants jeunes hommes à mon service, tous fiers de profiter de mon savoir. Ah ! que j’attendais ce jour avec impatience !</p>
<p style="text-align:justify;">La porte s’ouvrit enfin. L’ouverture était en soi déconcertante : soit on ouvre une porte avec empressement, soit avec discrétion, soit, enfin, normalement. Aucun de ces rythmes ne semblait pouvoir s’appliquer à cette ouverture. Il n’y eut pas de saccades et pourtant je croyais qu’on éprouvait la structure sous toutes ses formes. Puis un nain entra. Il mesurait une tête de moins que moi et se cachait sous un chapeau aux bords plus larges que de raison. En un clin d’œil, il sembla parcourir toute la pièce et ne retenir son attention que sur moi. Ses yeux noirs étaient perçants et ses traits si fortement imprimés qu’on aurait pu les croire de pierre, si ce n’était la balafre qui soulignait sont œil droit. Sa barbe était magnifique ! Quatre tresses lustrées de différents niveaux de gris descendaient le long d’une tunique parsemée de pierres précieuses. On aurait cru que les pierres tantôt émeraude, azur et grenat n’étaient incrustées que pour souligner la splendeur des tresses. Son flanc gauche arborait une hache qui réverbérait la faible lumière de la pièce. Cette arme avait visiblement servi mais forçait, même chez moi, l’admiration pour celui qui l’avait forgée. Enfin, ses imposants mollets s’enfonçaient dans des bottes à l’intérieur de fourrure et dont les plis du cuir indiquaient un usage plus fréquent que leur entretien.</p>
<p style="text-align:justify;">Il s’avança vers moi et me tendit sa main tout en prononçant, d’une voix grave qui résonnait sur les murs de pierre : « salutations, jeune demoiselle ». Je lui offris ma main et il la saisit avec une douceur qui contrastait avec la rugosité de ses paumes. Il s’inclina révérencieusement et y déposa un baiser. En un geste, il venait de balayer tous les stéréotypes que j’appliquais aux nains crasseux, rudes et juste bons à façonner des armes qui noyaient la terre sous le sang. Il profita de ma surprise pour poser son vieux sac à dos rapiécé à terre et y sortir un tabouret de bois savamment gravé. Il s’assit ainsi à côté de moi, dédaignant la table, et je me sentis obligée de ramener mes jambes au sol et de me tourner vers ce nain dont l’intensité du regard me captivait.</p>
<p>— Je me nomme Freygrum Forcepierre, et vous m’avez été recommandée par un érudit de ma connaissance.</p>
<p>— Je suis, mais vous devez le savoir, Adélaïde Castera. J’étudie ici et là.</p>
<p style="text-align:justify;">— On m’a parlé de votre amour des livres et tout particulièrement de l’Histoire. Les avis que j’ai obtenu vous concernant me dispensent de mettre en doute vos capacités. Et, pour parler franc, j’ai une offre à vous faire.</p>
<p>Comme j’écoutais attentivement ces mots prononcés avec un accent guttural qui m’était jusque lors inconnu, il poursuivit :</p>
<p style="text-align:justify;">— Au cours de mes nombreux voyages, bien au-delà des frontières de votre Royaume, et dans des endroits où le plus avisé des nains éviterait de mettre les pieds, j’ai découvert un joyau. Il s’agit d’une cité forée sous terre, accueillant une population hétéroclite qui a fui la surface en guerre, et qui est agrémentée d’un véritable ciel. Je vous prie de pardonner mon ton égal quand j’évoque ces traits loufoques, mais comprenez que mon exploration des plans d’existences m’a mené à découvrir tant de splendeurs plus saisissantes les unes que les autres, qu’il s’agit pour moi d’un trait pas si anormal que cela. La véritable richesse de cette cité ne réside pas en ses atours attrayants, mais en sa complexité politique et historique. Aujourd’hui encore, alors que j’y suis repassé après dix années d’absence, je n’arrive pas à saisir toutes les subtilités de son histoire et des relations de pouvoir qui s’y entretiennent. Un ancien ami à moi, avec lequel j’ai renoué, était jadis archiviste de la principale bibliothèque de la cité d’Ismouth. Et même pour lui, qui a parcouru une partie de la masse impressionnante d’ouvrages parfois incomplets, ce qui se passe en ce moment n’est pas très clair. Ce que je vous propose aujourd’hui, c’est d’entrer au service de la bibliothèque pour écrire l’histoire de cette cité et acquérir le savoir d’un grand maître qui tient ces étagères et qui devrait, dans quelque temps, se retirer. Je vous propose une aventure au milieu de récits dépaysants pour vous, et de profiter de votre regard neuf pour mettre de l’ordre dans toutes ces connaissances. Seriez-vous, jeune érudite, intéressée par cet appel ?</p>
<p>— Dites-moi en plus sur cet endroit, je vous répondrai ensuite.</p>
<p style="text-align:justify;">— Permettez-moi alors de débuter par les commodités les plus utiles à votre périple. En ce qui concerne l’histoire, je me contenterai de faits pour ne pas troubler votre jugement. La cité d’Ismouth entretient des liens privilégiés avec les Royaumes depuis plus de cent cinquante ans. Si tant est qu’on dispose des autorisations, on y va et vient sans grande difficulté. La ville tire avantage de nombreux échanges interplanaires, ce qui lui permet de disposer d’à peu près toutes les choses qui rendent une vie plaisante. À condition, bien sûr, d’en avoir les moyens. La guerre à la surface continue d’engendrer des tensions et, pour ne rien vous cacher, un couvre-feu est décrété chaque nuit. Toutefois, comme vous logerez dans le bâtiment de la bibliothèque, à moins que vous jetiez votre dévolu sur un autre lieu, cela ne devrait pas vous déranger. Pour ma part, le changement de régime qui est intervenu entre mon départ et mon retour semble avoir effacé mon existence des souvenirs de nombreuses personnes. Je vous accompagnerai dans votre prise de fonction et dans votre découverte de la cité ; je veillerai à ce que vous ayez ce dont vous avez besoin pour remplir votre mission et vivre correctement dans cette splendide ville. La situation politique est actuellement tendue, avec des coups d’éclat échangés entre un conseil des ministres retranché dans le château d’un roi disparu et une organisation aussi ancienne que les premiers forages qui a été officiellement démantelée et qui se bat pour des raisons pas toujours évidentes. C’est toutefois fort loin de la guerre civile, au point que le peuple s’amuse généralement de ces échauffourées&#8230;</p>
<p style="text-align:justify;">Je dus, lors du discours qui s’en suivit, rattraper <em>in extremis</em> ma salive à plusieurs reprises. J’acceptai la proposition et c’est ainsi que je partis à la conquête d’une histoire qui deviendrait une légende ; de ma renommée qui traverserait les âges.</p>
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		<title>Extraction cachottière</title>
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		<pubDate>Fri, 02 Jul 2010 17:03:34 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Iphégore Ossenoir</dc:creator>
				<category><![CDATA[Aventures]]></category>
		<category><![CDATA[Conquête des ombres]]></category>
		<category><![CDATA[aventuriers]]></category>
		<category><![CDATA[Change-forme]]></category>
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		<category><![CDATA[friture]]></category>
		<category><![CDATA[Iphégore Ossenoire]]></category>
		<category><![CDATA[Polymorphe]]></category>
		<category><![CDATA[Royaumes de Vorme]]></category>

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		<description><![CDATA[Par celui qui pourrait devenir vous-même après vous avoir rencontré, plus rarement appelé Græþðçåø ! Texte non remanié. Qui sait le temps que j’ai passé ici, entre ces quatre murs ? Y songer me fatigue. Penser, en vérité, m’épuise. Je ne peux plus vraiment bouger, mais je sens la froideur de la pierre. Si seulement [...]<img alt="" border="0" src="http://stats.wordpress.com/b.gif?host=drogertis.wordpress.com&amp;blog=10923754&amp;post=96&amp;subd=drogertis&amp;ref=&amp;feed=1" width="1" height="1" />]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<address>Par celui qui pourrait devenir vous-même après vous avoir rencontré, plus rarement appelé Græþðçåø ! Texte non remanié.<br />
</address>
<p style="text-align:justify;">Qui sait le temps que j’ai passé ici, entre ces quatre murs ? Y songer me fatigue. Penser, en vérité, m’épuise. Je ne peux plus vraiment bouger, mais je sens la froideur de la pierre. Si seulement je pouvais me hisser sur ces caisses en bois ; si seulement&#8230;<span id="more-96"></span></p>
<p style="text-align:justify;">Tout a commencé dans cette fuite éperdue. Je me suis rapidement retrouvé dans ce cachot, accessible uniquement par un conduit fluvial. Ces prêtres fous se livrent à de nombreuses expériences. Le temps d’atteindre ma prison, j’ai vu des corps mutilés et des déchets joncher de nombreux cercueils préparés à la main. Puis cet endroit. Rien dans les caisses pour aider à s’enfuir. Et la sortie est trop lointaine pour y parvenir, même au sommet de ma forme. Mon talent est dans l’imitation, pas dans l’olympisme.</p>
<p style="text-align:justify;">Puis il y eut les elfes noirs. Ils se sont annoncés par des combats. La plupart des prêtres ont fui après avoir barricadé l’entrée secrète du Grand Caveau. Dans leurs recherches, les elfes ont trouvé mon cachot. Ils se sont amusés de mon vieux corps décrépit. Et j’étais trop frêle pour réagir. Je me souviens d’un sourire sardonique, d’une piqûre, et il s’en furent. Toutefois, ils me laissèrent en compagnie de leur déesse. Sa toile brillait au plafond comme les étoiles éclairent la Voie lactée. La nausée, les convulsions, le froid et le silence absolu étaient autant de sévices qu’elle m’infligeait. Je voulais mourir ; je ne pouvais rien en faire.</p>
<p style="text-align:justify;">Il me sembla alors distinguer une tête émerger de l’eau avec une torche et replonger incontinent après. Une illusion sans doute.</p>
<p style="text-align:justify;">Plus tard, ce fut une demi-elfe qui sortit du trou tel un dauphin bondissant hors de la mer. Une torche dans une main, une dague dans l’autre, elle poussa un léger cri quand un dard l’atteignit. Un gnome fut recraché de la même manière et atterrit sur un la. Puis, péniblement, un humain encapsulé dans un harnois réussit à s’extraire. La toile se mit à briller et mes paupières se fermèrent. J’étais las.</p>
<p style="text-align:justify;">Une voix fluette s’éleva dans les airs, chantant une histoire de champignons farcis et d’un gros chat, de ce que je crus ouïr. Quelqu’un me palpa, puis chercha à m’étouffer. Je laissai faire, heureux d’achever ce calvaire. Mais, triste sort ! ce fut de l’air frais que je reçus en guise de mort. Puisant dans mes dernières forces, je cherchais à me relever. L’air frais raviva mes sens et je m’ouvris aux esprits alentour. Un seul me répondit. Il fallait d’urgence sortir d’ici, de ce guet-apens et de cette toile qui donnait mal au crâne.</p>
<p style="text-align:justify;">Soudain, on prononça mon nom. Et je sentis mon amulette, enfermée au cœur de ma crasse, s’enorgueillir. L’humain esquissa un léger sourire et me dit qu’il était venu me sauver. Et, lentement, nous nous glissâmes vers l’eau. Il y eut une pause dans le chant, et la toile s’étiola sur une bonne moitié. Nous pûmes avancer un peu plus vite et nous extraire.</p>
<p style="text-align:justify;">L’eau. Quel contact terrible. Quelle douceur magnifique. Je m’enfonçais de mon maigre poids. On me rattrapa et, comme par réflexe j’ouvris les yeux, je contemplais les torches qui projetaient une lueur diffuse. Est-ce ainsi que les marins voyagent jusqu’au royaume des morts ? Dans cette doucereuse atmosphère ?</p>
<p style="text-align:justify;">La douceur ne dura pas. L’escouade accéléra et l’homme en armure courrait au fond de l’eau. Puis il sembla me lancer, et j’émergeai. Il y avait là un autre demi-elfe qui nous attendait. Fraîchement sorti, à en croire l’allure de ses vêtements. Il gardait un grand sac plein de pièces d’argent. Il portait une double lame et semblait avoir l’œil vif. Ils discutèrent quelque peu, puis la demi-elfe, dont les vêtements trempés soulignaient le galbe, et l’homme en armure, replongèrent dans un « plouf ! » agréable à entendre. Je me sentais un peu mieux, mais le guerrier m’ôta mon appareil respiratoire et le rangea dans ses affaires. Quant au gnome, il fredonnait toujours. Il ne semblait y avoir que nous dans ces sous-sols.</p>
<p style="text-align:justify;">Rompant avec la monotonie du paysage sonore, un fracas se fit entendre. La demi-elfe sortit rapidement la tête de l’eau et bredouilla, moqueuse : « la réception fut glacée, alors nous allons par la porte de derrière ! » et replongea.</p>
<p style="text-align:justify;">Nous patientâmes alors un moment en partageant quelques spécialités gnomes que le petit être avait emportées avec lui. Je sentais mes forces revenir. Puis l’homme encapsulé ressortit péniblement. Sa peau arborait des gelures et ses mains gantées tirèrent l’elfe de son sac magique. Celle-ci semblait avoir frit. Ses cheveux étaient dressés dans un seul sens, sa peau était violacée. L’homme prononça quelques mots et la magie déferla sur le compagnon inconscient.Il dut psalmodier longtemps, aussi bien pour la femme que pour lui-même. Ils ne savaient pas trop ce qui les avait attaqués. De gros poissons, mais peut-être pas seulement. Dans l’eau terriblement froide, ils les avaient électrocutés.</p>
<p style="text-align:justify;">L’homme en harnois bouillonnait de colère et fomentait des plans pour se venger, faire frire les poissons et voir ce qui se trouvait caché derrière. Mais ses compagnons le ramenèrent à la raison : il fallait quitter le lieu assez vite, ou il y aurait des renforts. « Bon, certes, nous avons massacré les troupes en quelques instants, mais le magicien pourrait revenir avec des alliers moins surpris que ses esclaves », commenta l’autre guerrier. Nous nous liâmes en un cercle : l’homme en harnois, le gnome, la demi-elfe, le sac de pièces, l’autre demi-elfe. Puis, en un mot, nous traversâmes les plans d’existence.</p>
<p style="text-align:justify;">Nous nous retrouvâmes dans un chalet aux murs de pierre. Il faisait bon. Il y avait une magnifique cheminée taillée à même la roche, dans lequel trônait un feu flamboyant ! Allongé non loin, le museau reposant sur un tonnelet, se reposait un grand Saint-Bernard. Il leva une paupière en nous voyant soudain dans son salon, puis rabattit une oreille à demi sur son œil. Dans un majestueux fauteuil de cuir, dos à nous et face au feu, se trouvait quelqu’un. On ne voyait que les braies s’enfoncer dans de somptueuses bottes. Quant à nous, nous étions apparus au cœur d’un cercle runique.</p>
<p style="text-align:justify;">« Ah ! c’est vous ! », lança le demi-elfe. Le nain bondit de son fauteuil en saisissant sa hache et nous fit face avant même que le guerrier n’achève sa phrase. Puis, aussi soudainement, il beugla dans sa langue natale : « ça a fonctionné ! ça fonctionne ! » Il se dirigea vers nous, manqua de tomber en enjambant son gros chien, et palpa le guerrier. « Saperlipopette ! Ça se fête ! » ajouta-t-il. Et le chien, ayant soudainement retrouvé son panache, se leva et vint caresser affectueusement la barbe de son maître. Quand le nain approcha sa main du tonnelet, une chope apparut dans sa main ! Et il se servit.</p>
<p style="text-align:justify;">Le demi-elfe voulut faire de même, mais rien ne se produisit. Il réessaya, sans plus de succès. « Ah ! où avais-je la tête ? » soliloqua le nain. Il prononça un mot et une chope du plus beau style nain se matérialisa dans nos mains. « Sortilège d’invocation des chopes cérémoniales d’un succès magique d’ampleur, dans sa forme spontanée et avec un additif contre le mal de crâne ! » expliqua le nain.</p>
<p style="text-align:justify;">Quand l’homme en harnois fut rassuré sur la qualité de ce magicien fou – le maître d’une de leurs proches connaissances, un dénommé Milou –, la troupe et moi-même bûmes à souhait. Avec mon frêle corps, le nain n’avait pas échauffé son gosier que je m’étais assommé. Sous l’emprise de l’alcool, je me transformais successivement en de nombreuses personnes. Puis je m’épanchais sur l’intérêt de devenir qui on voulait, sans être jamais personne. Mais, à dire le vrai, je ne me souviens pas de mes dires.</p>
<p style="text-align:justify;">Quand je repris mes esprits, le lendemain – probablement – nous étions au milieu d’une forêt et suivions le demi-elfe. Nous parvînmes à une bâtisse perdue au milieu de la campagne et rencontrâmes un homme étrange. Là, je repris du service, alors je dois cesser de conter en quoi un change-forme intervint dans la suite de l’histoire, en ces temps de troubles suivant la nomination de la nouvelle régente des Royaumes de Vorme&#8230;</p>
<br />  <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gocomments/drogertis.wordpress.com/96/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/comments/drogertis.wordpress.com/96/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/godelicious/drogertis.wordpress.com/96/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/delicious/drogertis.wordpress.com/96/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gofacebook/drogertis.wordpress.com/96/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/facebook/drogertis.wordpress.com/96/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gotwitter/drogertis.wordpress.com/96/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/twitter/drogertis.wordpress.com/96/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gostumble/drogertis.wordpress.com/96/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/stumble/drogertis.wordpress.com/96/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/godigg/drogertis.wordpress.com/96/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/digg/drogertis.wordpress.com/96/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/goreddit/drogertis.wordpress.com/96/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/reddit/drogertis.wordpress.com/96/" /></a> <img alt="" border="0" src="http://stats.wordpress.com/b.gif?host=drogertis.wordpress.com&amp;blog=10923754&amp;post=96&amp;subd=drogertis&amp;ref=&amp;feed=1" width="1" height="1" />]]></content:encoded>
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	</item>
		<item>
		<title>Quand le soupçon s’éveille</title>
		<link>http://drogertis.wordpress.com/2010/05/20/quand-le-soupcon-s%e2%80%99eveille/</link>
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		<pubDate>Thu, 20 May 2010 18:21:54 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Iphégore Ossenoir</dc:creator>
				<category><![CDATA[Conquête des ombres]]></category>
		<category><![CDATA[Contrebande]]></category>
		<category><![CDATA[Iphégore Ossenoire]]></category>
		<category><![CDATA[Latias]]></category>
		<category><![CDATA[Missive]]></category>

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		<description><![CDATA[Par L’Instigateur. Texte non remanié. Cher ami, C’est un compagnon intelligent que vous avez là. Il est heureux que sa fidélité nous soit acquise, tant il a d’ores et déjà déduit d’éléments. Vous avez bien fait de vous référer à moi : je crois qu’il nous est possible de le rassasier sans pour autant nous [...]<img alt="" border="0" src="http://stats.wordpress.com/b.gif?host=drogertis.wordpress.com&amp;blog=10923754&amp;post=87&amp;subd=drogertis&amp;ref=&amp;feed=1" width="1" height="1" />]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<address>Par L’Instigateur. Texte non remanié.</address>
<p>Cher ami,</p>
<p style="text-align:justify;">C’est un compagnon intelligent que vous avez là. Il est heureux que sa fidélité nous soit acquise, tant il a d’ores et déjà déduit d’éléments. Vous avez bien fait de vous référer à moi : je crois qu’il nous est possible de le rassasier sans pour autant nous dévoiler. Au jeu de la séduction, je connais vos talents.</p>
<p style="text-align:justify;">Ce n’est pas une coïncidence si le transport dut être retardé : la livraison en ces temps aurait été malvenue. Alors, oui, il y a eu quelque changement à Latias. <span id="more-87"></span>Oui, c’est de près lié à la marchandise. Vous avez lié à cette affaire le départ de l’auguste comptable. Il s’agit plutôt d’une conséquence indirecte, fait d’un impondérable. Il s’avère que nous ne sommes pas seuls à troubler les fonds. Le tumulte a provoqué le retrait soudain de certains acteurs, dont ledit comptable.</p>
<p style="text-align:justify;">Celui-ci a pris le soin d’emmener avec lui de quoi appuyer notre démarche. Aussi nous fallait-il le récupérer. Qui plus est, l’action lointaine de vos compères a dissipé certains malentendus : on ne saurait nous les rattacher. Il m’apparaît essentiel qu’ils restent aussi loin que possible ; après tout, ce sont des aventuriers !</p>
<p style="text-align:justify;">Je conçois aussi que la notoriété grandissante de ces personnes leur apparaisse comme un problème épineux. Il est vrai que cela pourrait les conduire à de fâcheuses rencontres. Vous savez combien j’abhorre le gaspillage, aussi pensè-je que nous pouvons répondre à leur inquiétude. Avec votre savoir, conjugué à mes stratagèmes, nous devrions pouvoir les rendre un peu plus discrets tout en étant aussi efficaces.</p>
<p style="text-align:justify;">Aujourd’hui, nous pouvons conjuguer une fois de plus nos objectifs. Il s’avère que j’ai retrouvé la trace d’un ancien contact. Il se trouve dans une situation périlleuse, mais je suis parvenu à le localiser précisément. Toutefois, mon indicateur n’a pas les capacités physiques pour quérir celui qui deviendra à coup sûr un précieux allié. Je crois qu’en discutant avec lui et en échangeant leur expérience réciproque, vos compagnons trouveront les moyens de se conduire discrètement. Je vous ferai parvenir les détails par la voie habituelle.</p>
<p>Tâchez de rassurer votre ami : nous honorerons sa demande dans les temps prochains.</p>
<p>Avec toute mon affection,</p>
<p>Votre correspondant.</p>
<br />  <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gocomments/drogertis.wordpress.com/87/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/comments/drogertis.wordpress.com/87/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/godelicious/drogertis.wordpress.com/87/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/delicious/drogertis.wordpress.com/87/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gofacebook/drogertis.wordpress.com/87/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/facebook/drogertis.wordpress.com/87/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gotwitter/drogertis.wordpress.com/87/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/twitter/drogertis.wordpress.com/87/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gostumble/drogertis.wordpress.com/87/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/stumble/drogertis.wordpress.com/87/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/godigg/drogertis.wordpress.com/87/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/digg/drogertis.wordpress.com/87/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/goreddit/drogertis.wordpress.com/87/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/reddit/drogertis.wordpress.com/87/" /></a> <img alt="" border="0" src="http://stats.wordpress.com/b.gif?host=drogertis.wordpress.com&amp;blog=10923754&amp;post=87&amp;subd=drogertis&amp;ref=&amp;feed=1" width="1" height="1" />]]></content:encoded>
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		<title>L’arrivée du Roi</title>
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		<pubDate>Sun, 09 May 2010 15:21:22 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Iphégore Ossenoir</dc:creator>
				<category><![CDATA[Histoire]]></category>
		<category><![CDATA[Drogertis]]></category>
		<category><![CDATA[Hector Savy]]></category>
		<category><![CDATA[royauté]]></category>
		<category><![CDATA[Terres de Vorme]]></category>

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		<description><![CDATA[Par Hector Savy, ménestrel de l’Ordre des Cendres. Texte non remanié. C’était la guerre. Et, comme souvent avant l’attaque, des trombes d’eau noyaient les sols. Le tonnerre rugissait. Et, survoltés, prêts à s’engager dans le combat, cachés sous le couvert des arbres, les trois cents rebelles trépignaient. L’ordre fut donné. Ils bondirent à l’assaut ! [...]<img alt="" border="0" src="http://stats.wordpress.com/b.gif?host=drogertis.wordpress.com&amp;blog=10923754&amp;post=82&amp;subd=drogertis&amp;ref=&amp;feed=1" width="1" height="1" />]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<address>Par Hector Savy, ménestrel de l’Ordre des Cendres. Texte non remanié.</address>
<p style="text-align:justify;">C’était la guerre. Et, comme souvent avant l’attaque, des trombes d’eau noyaient les sols. Le tonnerre rugissait. Et, survoltés, prêts à s’engager dans le combat, cachés sous le couvert des arbres, les trois cents rebelles trépignaient.</p>
<p style="text-align:justify;">L’ordre fut donné. Ils bondirent à l’assaut !</p>
<p style="text-align:justify;">À peine avaient-ils parcouru cinquante mètres que le tonnerre précéda la foudre devant eux. Les montures, assourdies et terrorisées, éjectèrent les cavaliers les moins doués. Puis il y eut un silence.<span id="more-82"></span></p>
<p style="text-align:justify;">Le monde s’était arrêté. Les soldats, les nuages, le vent, l’orage et même la pluie. Il n’y avait plus un bruit, plus un souffle. Tous virent tomber mollement, ralentie par l’envergure de ses ailes, cette masse argentée. La grâce et la volupté de la chute finirent d’assommer les spectateurs. Le temps lui-même s’était arrêté. La descente semblait durer une éternité. Chacun regardait ces muscles noueux, ces écailles aux mille teintes, ces deux cornes d’argent de part et d’autre d’une crête lustrée aux pointes noires, cette longue queue et ce long cou, sans oublier cette splendide barbiche de diamants.</p>
<p style="text-align:justify;">La forme heurta le sol de ses quatre pattes. La terre trembla sous son poids comme le dragonnet s’effondrait contre le sol, paupières closes. Et le temps reprit ses droits.</p>
<p style="text-align:justify;">Les éclairs s’en donnèrent à cœur joie, saluant par leur éclat le corps magnifique du dragon. Le tonnerre chantait comme un cœur applaudit. La pluie elle-même pépiait de l’impatience des enfants. Mais qui, parmi ces humains, pouvait saisir tout cela ?</p>
<p style="text-align:justify;">Comme répondant à l’interrogation du druide qui observait la scène à l’abri de la pluie sous sa forme de panthère, un vieil homme s’avança sur sa canne. Il traversa les rangs et alla jusqu’au dragon. Après une profonde révérence qui réveilla tous ses rhumatismes, il apposa sa main sur le flanc du dragon.</p>
<p style="text-align:justify;">Instamment, les deux paupières s’ouvrirent et la magie déferla. Ce fut comme si une tornade venait de balayer tous les environs, repoussant à cent mètres tout le monde, au point même que la pluie se fit plus discrète et que l’orage avait pris la fuite. Il gronderait à nouveau, mais plus loin.</p>
<p style="text-align:justify;">Il ne restait qu’une personne auprès du dragon : le vieil homme, Hubert Valérie. Il avait pris la fuite devant l’oppression, il avait vu sa femme et ses enfants périr, il avait élevé cette armée qui s’apprêtait à rendre leurs coups à ceux qui les avaient châtiés.</p>
<p style="text-align:justify;">Puis il sentit la présence du dragon. Il n’y avait plus de pluie, plus de froid, plus de rhumatismes même. Il n’y avait que son cœur chargé de haine et une présence indicible. Le vieil homme sentit une douce chaleur l’envahir. Il revécut la rencontre de sa femme, la joie du mariage, le premier cri de son premier fils, son sourire, ses jeux et leur bonheur mutuel. Il sourit lui-même. Le vieil homme savait, en son for intérieur, que cela cachait quelque chose, que ce bonheur ne pouvait être vrai, qu’il y avait nécessairement du malheur à venir ; mais il ne trouvait pas ses souvenirs.</p>
<p style="text-align:justify;">Pourquoi ? Pourquoi devrait-on connaître le malheur ? Pourquoi devrait-il y avoir des désastres ? Pour seule réponse, il vit son avenir : sa charge, ses meurtres, sa soif de sang apaisée pour un temps et son désespoir grandissant : il n’avait plus rien à faire et rien n’allait mieux. Pire, il se vit subir la charge des descendants, et vit ses amis répliquer à celle-ci, jusqu’à ce que le feu consume sa vision dans un maelström de douleur.</p>
<p style="text-align:justify;">Le vieil homme sentit venir un nuage d’argent. Puis il aperçut le dragonnet. « Quelle raison à ce cycle qui vous nuit depuis cinquante ans ? N’aspirez-vous pas à vivre paisiblement ? Ne croyez-vous pas que votre destinée est de construire un monde meilleur, sinon pour vous, pour les autres ? Un monde où chacun peut vivre en paix, dans le respect ou l’indifférence ? Ne croyez-vous pas qu’il faille transformer ces affrontements sanguinaires en bagarres plus constructives ? » demanda le dragonnet. Le vieil homme, perdu dans tant de splendeur, poussé par ses chaleureux souvenirs, se sentit, bien étrangement, revivre le temps de dire oui, de s’avouer auprès du dragon.</p>
<p style="text-align:justify;">C’est ainsi que naquit la légende de Sa Majesté Hubert Valérie de Drogertis, l’Ami des dragons. Ce vieil homme mena une campagne selon les conseils du dragonnet. Ils furent victorieux, rallièrent les clans, organisèrent le pouvoir et édictèrent des règles de passation si complexes qu’on avait bien du mal à saisir qui il fallait assassiner, et dans quel ordre. Petit à petit, le royaume s’étendit, du nord-ouest vers le sud-est, sans jamais franchir les frontières ni des elfes ni des nains. Au crépuscule de son existence, le dragon fit un cadeau de longévité au vieil homme, et reprit la voie des airs. Ragaillardi, le vieil homme devint le Roi que nous avons connu.</p>
<p style="text-align:justify;">Sire de Drogertis. Y a-t-il eu plus débonnaire, plus visionnaire, plus conquérante, plus respectueuse, plus aimée majesté ? Plus mystérieuse, aussi ?</p>
<br />  <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gocomments/drogertis.wordpress.com/82/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/comments/drogertis.wordpress.com/82/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/godelicious/drogertis.wordpress.com/82/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/delicious/drogertis.wordpress.com/82/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gofacebook/drogertis.wordpress.com/82/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/facebook/drogertis.wordpress.com/82/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gotwitter/drogertis.wordpress.com/82/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/twitter/drogertis.wordpress.com/82/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gostumble/drogertis.wordpress.com/82/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/stumble/drogertis.wordpress.com/82/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/godigg/drogertis.wordpress.com/82/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/digg/drogertis.wordpress.com/82/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/goreddit/drogertis.wordpress.com/82/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/reddit/drogertis.wordpress.com/82/" /></a> <img alt="" border="0" src="http://stats.wordpress.com/b.gif?host=drogertis.wordpress.com&amp;blog=10923754&amp;post=82&amp;subd=drogertis&amp;ref=&amp;feed=1" width="1" height="1" />]]></content:encoded>
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		<title>Un filon d’informations</title>
		<link>http://drogertis.wordpress.com/2010/04/18/un-filon-d%e2%80%99informations/</link>
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		<pubDate>Sun, 18 Apr 2010 12:01:13 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Iphégore Ossenoir</dc:creator>
				<category><![CDATA[Conquête des ombres]]></category>
		<category><![CDATA[aventuriers]]></category>
		<category><![CDATA[Eau-montée]]></category>
		<category><![CDATA[enquête]]></category>
		<category><![CDATA[gnomes]]></category>
		<category><![CDATA[Iphégore Ossenoire]]></category>
		<category><![CDATA[noblesse]]></category>
		<category><![CDATA[Théodore Duquesnoy]]></category>

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		<description><![CDATA[Par Théodore Duquesnoy, le Bavard. Texte non remanié. Les ennuis viennent rarement par leurs propres moyens : ils se font colporter. S’il y a ceux que l’on prédit et qui se préviennent ou, à tout le moins, se règle entre bonnes gens, il y a aussi les aléas. La règle est simple : plus il [...]<img alt="" border="0" src="http://stats.wordpress.com/b.gif?host=drogertis.wordpress.com&amp;blog=10923754&amp;post=79&amp;subd=drogertis&amp;ref=&amp;feed=1" width="1" height="1" />]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<address>Par Théodore Duquesnoy, le Bavard. Texte non remanié.<br />
</address>
<p style="text-align:justify;">Les ennuis viennent rarement par leurs propres moyens : ils se font colporter. S’il y a ceux que l’on prédit et qui se préviennent ou, à tout le moins, se règle entre bonnes gens, il y a aussi les aléas. La règle est simple : plus il y a d’aventuriers, plus il y a d’aléas. <span id="more-79"></span>De retour de Belléphoron, je faisais étape à Eau-montée, chez un ami de longue date. Cette petite ville domine deux confluents et fut bâtie à juste distance pour n’être jamais inondée à la fonte des neiges. C’est un endroit calme, au-dessus des marais et à proximité des forêts, où vivent principalement des gnomes et des petits-hommes. Les premiers y ont installé leurs maîtres dresseurs et la qualité de leurs chiens de selle &#8212; comme des combattants qui les montaient &#8212; n’a nulle égale dans tout le royaume. Les derniers, toujours sur la route, font de cette ville une étape traditionnelle. Les caravanes qui se rendent chez les nains ou chez les elfes et celles qui en reviennent aussi bien pour l’Ouest que pour le Nord se croisent ici. C’est donc une ville toujours animée, pleine de bonne humeur, de farces et de biens précieux.</p>
<p style="text-align:justify;">Il n’est donc pas étonnant, pour que tout fonctionne à merveille entre ces deux races, mais aussi avec les inévitables boit-sans-soif qui passent par ici, que tout soit régulé. Les larcins sont commis par les petits-hommes selon les autorisations délivrées par le Conseil. Les gnomes régulent le commerce et les taxes. La garde est mixte et parade à la vue des étrangers. Mais la véritable police se fait par les habitants eux-mêmes, bien au fait de l’équilibre précaire de leur mode de vie. Aussi, en habitué que j’étais, je ne fus pas surpris de voir le fils de mon ami débouler dans la salle, bondir sur un siège, attraper ma chope et frapper de quatre coups la table. Je me sentis heureux d’en avoir siroté les trois quarts avant ! « Des étrangers ! Des grosses poignées de pièces d’or pour des informations ! Ils cherchent les chevaucheurs ! » Un gnome sorti, appuyé sur sa canne ; un autre profita de la porte ouverte pour lancer un sort de communication et laisser les vents porter l’avertissement. Sans plus d’agitation, les discussions reprirent.</p>
<p style="text-align:justify;">À l’approche d’une fête, il n’y avait rien d’étonnant à voir affluer quelques curieux, surtout s’ils étaient riches. Après tout, un chien de selle vaut une fortune. Mais il y eut des faits étranges qui furent rapportés peu après, et qui me mirent la puce à l’oreille. Ça sentait la compagnie d’aventuriers. Quelqu’un avait escaladé un mur d’enceinte pour voir par lui-même les chiens. De nouvelles têtes vinrent peu après pour s’entretenir avec le maître d’Æra Færis. Celui-ci calma l’inquiétude des habitants en faisant savoir qu’ils faisaient désormais des affaires. Les aventuriers quittèrent la ville, laissant derrière eux un rôdeur porté disparu. Ils y revinrent trois jours plus tard pour déposer un paquet et s’en furent pour de bon.</p>
<p style="text-align:justify;">Les aventuriers sont la source d’aléa la plus embarrassante, car imprévisible et perturbatrice. Oh ! bien sûr, il y a les rixes de taverne, mais surtout, à côtoyer la mort trop souvent, ils ne craignaient guère d’abattre le malheureux qui se trouverait avoir été au mauvais endroit au mauvais moment.</p>
<p style="text-align:justify;">Je retrouvai cette compagnie un peu plus tard, dans la malfamée cité de Nidhogg. J’étais simplement venu voir pourquoi André le Habert avait renoncé à un ballet en présence de la noblesse de Drogertis pour retourner à son château. Et là, à la taverne du Poing-penché, qu’appris-je ? On recherchait Stéphane Thirion, le célèbre comptable, officier de l’armée royale, grand ami des grandes fortunes qui cherchaient à se faire petites aux yeux du Trésor. Et qui avait été aperçu en possession de sa chevalière ? Une demi-elfe fort grâcieuse et silencieuse, avec une bourse bien remplie. Celle-là même qui aimait les chiens de selles. Les choses devenaient intéressantes.</p>
<p style="text-align:justify;">Peu après, il y eut une bagarre. Oh, pas ici, non ! Ici, il n’y a jamais de bagarre. Les gens qui fréquentent cet endroit savent trop bien qu’aucun n’en sortirait vivant, tant et si bien qu’ils n’osent s’affronter. Il faut dire qu’entre la nécromancie, les mille poisons, les monstres hideux qui se terrent dans les ombres du plafond et viennent finir les plats une fois la clientèle partie, mieux valait s’en tenir à des joutes verbales. Bref, il y eut une rixe.</p>
<p style="text-align:justify;">Deux hommes de notre cher André menacèrent un barde qui s’était produit au château. Une admiratrice, gnomide elle aussi, leur distribua deux baffes magiques, pour oser ainsi menacer les sensibles doigts de ce merveilleux artiste. Bruts et peu malins, les assaillants voulurent corriger l’impertinente, qui dégaina un sécateur. Le barde en profita, du moins le supposè-je, pour convoquer un hippogriffe. Celui-ci procura une diversion suffisante pour que la gnomide prenne la clé des champs. Quand le premier hippogriffe souffrait de trop sans permettre au barde de s’éclipser pour autant, il en convoqua un deuxième. Devant cette affluence d’une clientèle qui serait bonne à partager dans les assiettes, la foule décida à l’unanimité de se défouler. Le lendemain, toute la ville était au courant.</p>
<p style="text-align:justify;">Intrigué par la force de cette diversion, je décidai de surveiller de plus près mon cher André le Habert, certain qu’il y aurait là des pièces de platine à ramasser&#8230;</p>
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		<title>À vau-l’eau</title>
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		<pubDate>Thu, 18 Feb 2010 18:28:21 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Iphégore Ossenoir</dc:creator>
				<category><![CDATA[Reconquête d’Ismouth]]></category>
		<category><![CDATA[Iphégore Ossenoire]]></category>
		<category><![CDATA[Ismouth]]></category>
		<category><![CDATA[nain]]></category>
		<category><![CDATA[Oskar Balderek]]></category>
		<category><![CDATA[politique]]></category>

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		<description><![CDATA[Par Oskar Balderek, l’Errant. Texte non remanié. Las ! Qu&#8217;as-tu fait pour moisir ici, au fond d&#8217;un cachot, enchaîné, torturé, amenuisé jusqu&#8217;à ne plus pouvoir distinguer ton aura verdâtre de celle des spores empoisonnées des champignons alentours ? Pauvre fou ! Pis encore, tu survis. Allez, viens ! on rentre à la maison. Ismouth, c&#8217;est [...]<img alt="" border="0" src="http://stats.wordpress.com/b.gif?host=drogertis.wordpress.com&amp;blog=10923754&amp;post=74&amp;subd=drogertis&amp;ref=&amp;feed=1" width="1" height="1" />]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<address>Par Oskar Balderek, l’Errant. Texte non remanié.</address>
<p style="text-align:justify;">Las ! Qu&#8217;as-tu fait pour moisir ici, au fond d&#8217;un cachot, enchaîné, torturé, amenuisé jusqu&#8217;à ne plus pouvoir distinguer ton aura verdâtre de celle des spores empoisonnées des champignons alentours ? Pauvre fou ! Pis encore, tu survis. Allez, viens ! on rentre à la maison. Ismouth, c&#8217;est chez toi, non ? N&#8217;est-ce point toi qui l&#8217;as construite, cette magnifique cité ? N&#8217;est-ce point là que tu es devenu roi ? Ah ! Je ne te demanderai pas de marcher, vu ton état&#8230; Entre dans ce sac sans fond et profite de notre nouveau système d&#8217;assainissement de l&#8217;air en milieu clos, voilà ton lot !<span id="more-74"></span></p>
<p style="text-align:justify;">Dix ans que ma route n&#8217;avait pas croisée cette cité. Que de changements ! Ce qui était, à mon départ, une caverne parmi tant d&#8217;autres, difficile d&#8217;accès, s&#8217;est mué en un cœur d&#8217;échanges. Il pulse aussi vite que celui d&#8217;un sanglier enragé. Et cette bannière qui flotte ! Ce n&#8217;est pas la tienne. Mais là n&#8217;était que le début de l&#8217;enfer&#8230; Après tout, une bannière ou une autre&#8230; Mais une pinte de bière à six pièces d&#8217;argent ! Au certain ! cette cité a mal tourné.</p>
<p>Et bien sûr, pour compléter l&#8217;escroquerie, une douane se dresse pour vous dépouiller sur le chemin de la ville. N&#8217;aie crainte, nous ne sommes pas nés d&#8217;hier. J&#8217;ai découvert ce lieu, je sais qu&#8217;il y coule de l&#8217;eau, et je sais où elle va. Il ne reste qu&#8217;à en trouver l&#8217;accès&#8230;</p>
<p style="text-align:justify;">Accompagné de Saphery, je contourne les brigands assermentés et rejoins l&#8217;antique cité. Du moins, ce qu&#8217;il en reste. Après dix ans, mes souvenirs sont confus, il est vrai. Il faut dire qu&#8217;au prix de la pinte, je n&#8217;ai pas eu l&#8217;occasion de fournir assez de carburant à mon esprit ! Mais les souvenirs affluent. La situation prend forme, tout doucement. Certains sont encore là, immuables, mais bien des choses ont changé.</p>
<p style="text-align:justify;">Oh ! je reconnais tout de même Ismouth. Simplement, sans roi, certains se sont arrogé le pouvoir et font peser une main de fer sur le peuple alentour. Pire ! j&#8217;apprends que ton gendre est mort et ta fille portée disparue. Puis je retrouve le fil et déroule la pelote de laine. Tu verras, si je trouve une barrique, je comprendrais tout ! Et pour pas un sou ! Car, comme on le dit si bien par chez moi, quand le fût est percé, il faut l&#8217;ingurgiter !</p>
<p style="text-align:justify;">Ma hache est toujours là, et elle me démange. Certains m&#8217;ont reconnu, alors je me suis déguisé. Je suis de retour dans cette belle cité, et même pas puis-je profiter de mes dignités. Une chose est certaine : je ne partirai pas avant qu&#8217;hommage me soit rendu. S&#8217;il faut pour cela asseoir ta fille sur le trône et passer par les armes bon nombre d&#8217;imposteurs, eh bien, ma foi, cela peut s&#8217;arranger.</p>
<p style="text-align:justify;">Aller, zou ! Je t&#8217;envoie rejoindre ta descendance et te terrer quelque part où on pourra te soigner. Avec Saph à côté, nous allons accéder au pouvoir. Le chemin sera long et tortueux, mais nous irons de l&#8217;avant. Il y a trop à perdre à laisser cela dans de mauvaises mains !</p>
<p>Une en plus de sifflée, et me voilà sur le chemin des rêves&#8230; À bientôt, Majesté.</p>
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